Les autres lieux remarquables
de Gouville-sur-mer


Le poste de secours en mer
de Gouville-sur-mer

La première équipe de sauvetage !
La première équipe de sauvetage !

 

L’histoire de Gouville-sur-mer et du pays tout entier est jalonnée de naufrages et autres drames causés par la mer. En 1952, sur l’initiative de Jean Godefroy, est créée une « Société de sauvetage » rattachée aux Hospitaliers Sauveteurs Bretons (HSB). Une cabine de plage d’occasion est acquise pour y installer un premier poste de secours. Huit ans après, un bâtiment est construit pour accueillir le premier « zodiac » qui remplace le bateau à rames. L’équipe locale de sauveteurs est avertie par la sirène nouvellement acquise.

Au gré des années, le matériel est renouvelé et les moteurs deviennent plus puissants.

En 1967, le regroupement des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés donne naissance à la SNSM (société nationale de sauvetage en mer)

En 2006, Un nouveau bâtiment est alors construit accolé à l’ancien poste de secours pour accueillir un catamaran en aluminium, fabriqué par l’entreprise locale Gosselin. Après une réfection complète l’hiver 2024/2025, la vedette SNS 449 « Le Senéquet » aux nouvelles couleurs de la SNSM, dispose des dernières technologies de navigation permettant ainsi aux bénévoles de la SNSM de porter secours dans de meilleurs conditions de sécurité.

SNSM – Les Sauveteurs en Mer


La gare de Gouville-sur-mer

Dès 1904, pour assurer le développement touristique de stations balnéaires naissantes : Agon-Coutainville, Blainville-sur-mer et Gouville-sur-mer, il fut décidé de créer une ligne Coutances-Lessay.

Des bâtiments de station (gare) furent construits sur 2 étages à Gouville-sur-mer. Ils comprenaient : au rez-de-chaussée : le bureau du chef de gare, la salle d’attente et la salle de réception des bagages et à l’étage, le logement du chef de gare et sa famille. Sur les côtés, une halle à marchandises et un bâtiment servant de lampisterie et de remise à outillage.

La ligne fut ouverte aux voyageurs, aux marchandises puis au colis postaux en janvier 1909.

Le train quittait la gare de Coutances, en direction du pont de la Roque, remontait la rive droite de la Sienne, remontait en serpentant vers Agon, descendait vers Coutainville, Blainville-sur-mer. Il entrait à Gouville-sur-mer à l’ouest du château des forges, faisait halte à Linverville, derrière le Hamelet et arrivait en gare en bas de la Caillerie. Le train continuait ensuite vers Geffosses, Pirou, Créances puis Lessay à une vitesse moyenne de 22km/h (37 km pour 1h42 de trajet).

La gare de Gouville était aménagée pour un trafic actif : la réception du charbon destiné au fonctionnement de la filature et l’expédition de la verdrière et du lichen destinés à l’industrie.

Les habitants du pays prirent l’habitude d’utiliser le « tramway » pour aller à Coutances les jours de marché ou bien pour faire de jolies promenades vers la côte. Jusqu’en aout 1914, trois navettes quotidiennes avaient lieu dans chaque sens. Malgré la vitesse (!) on déplora plusieurs incidents et accidents impliquant le matériel, les personnes ou les animaux. Pour ces derniers, on surnomma le train de « tue-vaques ».

Le prix du charbon augmentant, la concurrence des locomotives au gas-oil, le développement des transports en autocars vont précipiter la fin de la ligne. L’exploitation cessa en janvier 1933 et son déclassement fut définitif en 1937.

Le bâtiment de la gare, devenue aujourd’hui maison d’habitation est encore visible, rue de la Grande Jeannerie. Dans la même rue, le grand bâtiment utilisé à ce jour par les services municipaux servait d’entrepôt de la pailleule ou la verdrière. Celle-ci était récoltée à marée basse et séchée avant d’être acheminée vers les industries de transformation.


Le phare du Sénéquet
au large de Gouville-sur-mer

Afin de protéger les navires des nombreux écueils et de la violence des courants dans le passage de la Déroute entre la chaussée des Bœufs et les Nattes, la commission des phares autorise la construction d’une tour maçonnée sur le rocher du Sénéquet. Une tour de 12m de hauteur (pour un diamètre de 7 à 5,20 m) est édifiée en 1857, à partir d’un bugalet (petit navire de cabotage) amarré sur le rocher.

C’est le naufrage de l’Antilope en décembre 1858 qui décidera les autorités à remplacer la tour par un phare.

Au cours de l’année 1860, la tour initiale est surélevée d’une structure de 8 m comportant trois niveaux (un magasin de stockage et deux étages aménagés en chambres pour les agents de l’administration et les gardiens de service). Une lanterne rouge et fixe, placée au sommet, est allumée pour la première fois le 20 février 1861. Elle sera par la suite remplacée par un feu blanc à occultation puis par un brûleur à incandescence pour en renforcer l’intensité lumineuse. L’accostage du phare sera également amélioré par la construction d’un brise-lames et d’une cale de débarcadère.

En 1937, le phare du Sénéquet est transformé en feu permanent non gardé. En mars 1939, son fonctionnement devenu automatisé entraîne le départ des gardiens de leurs habitations.  Ces dernières, construites au sud du havre de Blainville et menacées par l’érosion des dunes, sont ainsi abandonnées puis détruites.

Depuis 1948, on peut observer depuis la côte le feu fixe à 3 éclats groupés (12 s) du phare du Sénéquet.

 


La cabane Vauban

La Cabane Vauban de Gouville-sur-Mer

Dans les années 1680, craignant un débarquement anglais sur les côtes normandes, Louis XIV, désigne le marquis de Vauban pour inspecter le littoral afin de parer à toutes éventualités. Dans son rapport, ce dernier préconise de réparer et renforcer les corps de garde (ouvrage maçonné destiné à abriter les soldats chargé de surveiller la côte) tout en faisant supporter les dépenses aux paroisses sur lesquelles ils sont implantés.

Le corps de garde situé dans les dunes de Linverville était de ceux-là. Au milieu du XVIIIème siècle, la défense du littoral contre les corsaires et les ennemis du royaume relève de la capitainerie de Créances chargé de surveiller la côte entre l’Ay et la Sienne grâce à la « milice garde-côte » composée de cultivateurs et artisans qui avaient malheureusement tiré le « billet noir ».

Chaque corps de garde voyait la présence de 6 miliciens portant l’uniforme qui se relèvent tous les matins vers 10h et font partie de la « compagnie du guet » qui compte 1200 hommes. Une ordonnance de 1780 renomme ces miliciens du guet en « canonniers postiches ». Chaque corps de garde dispose de 4 fusils.

Selon les recherches effectuées par Guy de Saint-Denis dans les archives, il est fort probable que le corps de garde actuellement visible dans les dunes ait remplacé une construction initialement située près du rivage. Cette dernière aurait subi les assauts de la mer et aurait été reconstruite plus en retrait. Un document daté de 1749 atteste de la présence d’un corps de garde à « Liverville (sic) » en bon état. La date 1744 figure sur le linteau de la porte du bâti actuel.

Le bâtiment remarquable a été désensablé dans les années 1990.


Les écoles de Gouville-sur-mer

L'école de garçons en 1947
L’école de garçons en 1947

 

Pour les paroisses de Montcarville, Linverville et Gouville regroupées au sein de la commune de Gouville, la première école communale attestée (en 1831) se situait au 67 route de Montsurvent à Montcarville.

En 1840, le conseil municipal décide de la construction d’une école de garçons au lieu-dit « la Garenne » et la création d’une école de filles à la Devauderie, chez Mlle Euphrosine GIRARD, institutrice. Celle-ci aurait aménagé un espace scolaire dans sa maison d’habitation depuis une douzaine d’année.

L’augmentation progressive du nombre d’élèves à l’école de garçons (84 élèves pour un seul maître en 1881) va imposer la création d’un poste d’adjoint et une extension des locaux grâce à l’acquisition de nouveaux immeubles.

En 1846, l’abbé Ybert fait don à la commune d’une maison sise 15 rue de la Truchonnerie afin qu’y soit installée une école de filles tenue par deux religieuses. Celle-ci fonctionnera jusqu’au début du XXème siècle, des enseignants laïques ayant remplacés les religieuses comme le prévoyait la loi de séparation de l’église et de l’État.

Vers 1850, afin de pallier aux difficultés pour se rendre aux écoles de Gouville lors de la mauvaise saison, les habitants de Linverville décidèrent de créer une école libre de garçons au 32 de la rue de Linverville. Une école de filles fut également créée, en 1855, au 12 de la rue Barré. Cette dernière fut transformée en école mixte dix ans après, et put accueillir l’ensemble des élèves de Linverville. Elle fermera définitivement ses portes en 1911 et les enfants rejoindront l’école de Gouville.

À la rentrée scolaire 1905, tous les élèves de Gouville sont regroupés dans l’école de garçons largement modifiée, au lieu-dit « la Garenne ». Filles et garçons ont alors des accès séparés.

Au début de la seconde guerre mondiale, l’afflux de réfugiés et d’enfants, venus en vacances, non autorisés à regagner leurs lieux de résidence obligea la commune à scolariser un nombre d’enfants dépassant la capacité des locaux scolaires. Aussi, des classes provisoires furent ouvertes dans les colonies de vacances de Gouville (Jacquignon, Notre Dame de Grâce).

En 1959, la mairie qui occupait une partie des locaux dans le groupe scolaire depuis une centaine d’années déménagea dans un bâtiment nouvellement construit (bâtiment actuel du Crédit Mutuel), route de Coutances.

Aujourd’hui, la commune de Gouville-sur-Mer scolarise ses enfants dans une école maternelle (rue de Garenne) et une école élémentaire (rue du calvaire).


Les chemins de Gouville-sur-mer

La commune de Gouville est riche de ses chemins, qu’ils soient de terre, empierrés ou bitumés. Le bord des côtes en est peut-être la raison. Les échanges que la mer a permis, les activités ou métiers qu’elle a développés et les invasions Normandes ou anglaises qu’elle a favorisées ont étoffé l’’histoire des voies de communication. L’étymologie du nom de certains chemins, de rivières ou de secteurs géographiques, la présence de belles et vieilles demeures et le nom de certaines vieilles familles présentes depuis plusieurs siècles dans la commune peuvent en témoigner.

De nombreux chemins sont répertoriés dans l’ouvrage de Bernard MARC, auteur de l’ouvrage  « Sur les chemins de Gouville, Linverville et Montcarville » disponible auprès de l’association du Patrimoine:

Chemin du Gidron
Chemin du Gidron

Le vieux chemin de Linverville à la Donèque et à la Banoterie est un chemin de terre qui s’amorce à main gauche sur la rue de Linverville. Il recoupe le chemin de Guerre. Il prend alors le nom de chemin du Vats, prononciation dialectale de chemin du Vaux.

Le vieux chemin du Gidron aux Hougues, anciennement rue Holgate, est sans doute un des plus vieux du pays, reliant à la mer le peuplement de l’époque néolithique qui la bordait. Peut-être aussi se prolongeait-il sur Cosedia, notre actuel Coutances, qu’il aurait relié à la côte pour son trafic maritime.

Le chemin de l’église aux Houges, aujourd’hui rue du hameau Noêl franchissait la ligne de chemin de fer de Coutances à Lessay. Nous pouvons toujours y voir la modeste halte en brique. La rue se prolonge par un chemin qui mène à la mer à travers les mielles et dunes, d’est en ouest proche de la limite de Blainville. Il passe près de l’ancien corps de garde qui fut longtemps enfoui sous les sables.

Le chemin de guerre partait jadis du moulin de Gouville pour gagner Tourville et le pont-de-la-Roque en passant par le haut de Blainville et d’Agon.

Le vieux chemin de Linverville à Anneville rappelle l’odyssée de la duchesse du Berry.

La rue neuve de Gouville à Anneville actuellement rue du 28 juillet s’est aussi appelée chemin du hameau Gosselin.

Le chemin de la Goueslinière nous invite à parcourir le hameau égrené le long d’un chemin en zigzag pour nous mener au travers des Gourbans, nom mystérieux tiré du sol.

Un vieux chemin coupe la route de Montcarville à l’Yberterie , à partir de la Croix Bourard et descend vers la mer en prenant le nom de « Vieille Rue » car ce chemin était très fréquenté.

Plusieurs circuits ont été répertoriés (se renseigner à l’office du tourisme de Gouville-sur-mer) :

  • Le circuit n°1, dit « Le Dydody »
  • Le circuit n°2, dit « L’Epine au Rond »
  • Le circuit n°3, dit « La cabane Vauban »
  • Le circuit n°4, dit « La Goueslinière »

L’association gouvillaise de randonnées pédestres « Les randonneurs des dunes et Bocage », organise de septembre à juin, le mardi des randonnées sur le département de la Manche et le jeudi des randonnées sur le territoire de la commune de Gouville-sur-mer.

Pendant les mois de juillet et août, l’Animation Touristique de Gouville-sur-mer, autre association de la commune, organise tous les mercredis sur son territoire des randonnées, en alternant les circuits, côté mer et côté campagne.