Trois églises à Gouville sur mer !

L’église Saint Ouen à Linverville, Saint Marcouf dans le bourg de Gouville
et enfin Notre Dame de l’Assomption à Montcarville.


L’église de Linverville

L’église est dédiée à Saint Ouen. Ce religieux fonda la communauté religieuse de Linverville.

Église en forme de croix est la seule à avoir conservé des vestiges de son ancienneté.

Le bâtiment fut construit entre le XVème et le XVIIIème siècle sur les restes d’une église plus ancienne datant du XIIème siècle. La chapelle Nord est du XIIème, le pilier soutenant la tour gothique primitive est des XIIème et XIVème siècles, la nef et la tour sont agrandies au XVIIIème siècle.

En 1791, le curé refusa de prêter serment et dû se réfugier en Angleterre. À cette époque mouvementée, des fêtes révolutionnaires sont célébrées dans l’église : « Des hommes de Gouville venaient chanter en chaire des chansons infâmes et blasphématoires… »

La chapelle sud date de 1840 elle est dédiée à Saint Hubert, patron des chasseurs.

L’église possède un mobilier et des vitraux classés :

  • Le maître autel en boiserie sculptée de 1743
  • Le tabernacle polychrome de 1729
  • Le tableau de Saint Dominique et la statue de Saint Louis en pierre polychrome du XVème
  • Un Christ en bois polychrome provenant de l’ancienne perque* (*poutre de gloire peinte, sculptée placée transversalement entre la nef et le chœur de l’église).
  • Les vitraux du chœur sont du XVIIIème siècle
  • Les six verrières de la nef proviennent de l’atelier Duhamel-Marette d’Évreux. Elles datent de 1900.

L’église de Gouville

L’église de Gouville est dédiée à Saint Marcouf et Saint Malo.

Une église primitive avait été construite (probablement en bois) par des moines bénédictins. Il a été retrouvé des sarcophages mérovingiens datant du VIIème siècle à l’emplacement de l’actuel parking devant l’église. Le lieu s’appelait « le Maurier » ou « Morier » : le champ des morts.

À l’époque des guerres de Religion, Gouville fut le théâtre d’un épisode singulier : dans les années 1560, le curé se convertit au protestantisme et l’église servit de temple réformé. Le seigneur Artus de Magneville, également converti s’y fit enterrer. La paroisse dut ensuite payer 150 livres pour être « réconciliée » avec l’Eglise Catholique ».

À la Révolution, le curé de la paroisse de Gouville prêta serment ce qui permis de maintenir une situation calme.

Le clocher porche avec une entrée latérale au sud de l’église remplaça en 1784 un campanier* en bois situé sur le toit. Celui-ci est bâti sur une assise de pierre de granit de Chausey. La nef est la partie la plus ancienne, elle date du XIIème. Elle a été maintes fois restaurée notamment après 1450 à la fin de la guerre de cent ans. Le chœur est probablement du XVème siècle.

En 1735, l’ardoise remplace le chaume sur le toit de l’église.

*Structure abritant les cloches

L’église possède :

  • Une statue de la vierge du XVIème siècle en pierre polychrome
  • Une Pietà également en pierre polychrome
  • Les vitraux du chœur représentent les évangélistes et les saints titulaires de la paroisse. Ils ont été réalisés dans les ateliers verrier Chapuis et sont contemporains du chemin de croix de la nef signé de Robert Guinard et d’une vierge à l’Enfant sculptée par Anne-Marie Roux-Colas.
  • Les six vitraux de la nef ont été réalisés par le maître verrier de Bayeux : Henri Mazuet au début du XXème siècle.

L’église de Montcarville

Située au nord du bourg de Gouville. Elle est dédiée à Saint jean Baptiste et Notre Dame de l’Assomption.

Cette église a été construite à la fin du XVIème siècle. Vue de la route, elle s’offre d’équerre au milieu de son cimetière. Elle est bâtie de granit écrasé, d’un blanc et noir bleuté qui forme son sous-sol.

Les chapelles formant le transept ont été ajoutées en 1713-1716 et le clocher, à l’entrée de la nef, couvert d’un toit en bâtière* était entrepris quelques années plus tard.

*toit en bâtière : toit à deux versants opposés et à pignons découverts, en forme de bât, c’est-à-dire à quatre versants.

À la Révolution Française, l’église fut profanée par le culte de la Déesse Raison que les garçons célébraient en montant dans la chaire. Les meubles et objets de culte furent vendus aux enchères.

À l’intérieur de l’église :

  • Un maître-autel et un aigle-lutrin du début du XVIIIème siècle. Le maître autel est remarquable : il est attribué à Gilles Robert de La Croix.

Un dais de style baroque est porté par quatre colonnes imitant le marbre rouge ; des angelots jouent avec des guirlandes sur l’entablement, tandis que d’autres peuplent la nuée, ou ornent le tombeau. Des anges très expressifs encadrent le tabernacle.

  • La chaire, la poutre de gloire et les tabourets de chantre sont plus récents
  • Fin XVIIIème siècle, le chœur fut lambrissé de bois et des autels latéraux peints en faux marbre
  • Dans la nef, le grand tableau « Mise au tombeau » est signé de Félix Renaux, il date de 1877. C’est une copie de « la mise au tombeau » de Ribera, qui avait été offerte à Napoléon III en 1868. Il était alors d’usage de faire des copies de tableaux de grands maîtres et de les envoyer en province.

Face à l’église, l’ancien presbytère du XVIIIème fut la demeure au début du XIXème siècle par la famille Chapel.

Un fait particulier reste attaché à un personnage de la famille Chapel : en 1822, Chapel aurait participé à un complot, commandé par La Fayette contre Louis XVIII. Menacé de poursuite, il fit construire un abri secret dans un bois et un édicule fut ajouté sur le toit du presbytère pour communiquer visuellement avec cet abri. Il se serait même fait passé pour mort, on simula son enterrement dans l’enclos familial du cimetière, mais les porteurs firent tomber le cercueil qui s’avéra rempli de cailloux !